Toulouse : «Cinq millions d'€ de plus par an pour la sécurité»

Publié le 10 Avril 2014

Actualités

Publié le 09/04/2014 à 07:42

interview

Olivier Arsac, le nouvel adjoint à la sécurité du Capitole veut en finir avec la «vision idéologique» de l'ancienne municipalité. Il plaide pour une politique volontariste et pragmatique de l'ordre public. Interview.

Olivier Arsac veut doubler le nombre de policiers municipaux./ Photo DDM, archives

Olivier Arsac veut doubler le nombre de policiers municipaux./ Photo DDM, archives

Comment envisagez-vous le rôle de la municipalité en matière de sécurité ?

La lettre de mission que j'ai reçue de Jean-Luc Moudenc est claire. Il s'agit d'être volontariste et pragmatique. Notre analyse, qui correspond à la réalité du terrain, c'est qu'il y a une dégradation de la sécurité publique àToulouse. L'ancienne municipalité était soit dans le déni, soit dans la reconnaissance de certains problèmes, mais en considérant qu'elle ne pouvait rien y faire.

Votre objectif est de doubler les moyens de la police municipale…

Nous voulons agir. Être à la fois plus présent dans la prévention et donc la surveillance et assurer si besoin des interventions plus rapides. Nous sommes clairs, la police nationale doit faire son métier, nous, nous sommes là pour les aider, pour être en appui des services de l'État.

Ce qui veut dire concrètement ?

Je vous ai parlé de pragmatisme. Songez que Toulouse compte actuellement 0,47 policier municipal pour 10 000 habitants, là où Lyon et Montpellier, qui sont pourtant des villes socialistes, en ont respectivement 5 et 6 pour 10 000… L'idée est d'arriver au moins au même niveau, d'ici à la mi-mandat. Ce qui veut dire passer de 160 policiers municipaux à 300… Avec la création de brigades d'interventions rapides, à toute heure du jour et de la nuit.

Vous voulez aussi développer la vidéosurveillance ?

Là encore, le constat est cruel. Toulouse est actuellement dotée de 16 caméras, moins que la commune de Castanet. Là encore, nous voulons être à 300 caméras à mi-mandat. C'est un gros chantier. Nous allons lancer une étude et consulter les spécialistes. La vidéosurveillance a deux vertus. D'une part la dissuasion dans les lieux fréquentés ou festifs, comme les galeries commerciales, les bords de Garonne, la place Saint-Pierre, par exemple. D'autre part, elle est un élément de preuve et permet d'identifier les délinquants. C'est un plus pour aider la police nationale à faire son travail.

Tout cela a un coût…

L'achat d'une caméra correspond à une somme de 10 000 à 15 000 euros à l'unité, mais nous raisonnons en terme global. Entre la vidéosurveillance et le doublement des effectifs de la police municipale, nous sommes dans un budget de 5 millions d'euros supplémentaires par an. Ce qui est un effort très raisonnable. Si on le rapporte au seul budget de fonctionnement de la ville, c'est moins de 1 %. C'est un effort à notre portée et nous ne comprenons pas, d'ailleurs, pourquoi Pierre Cohen ne s'est pas donné ces moyens.

Qu'en est-il du réarmement des policiers municipaux ?

C'est tout l'enjeu de l'audit que nous allons lancer avec Joël Azorin, notre chargé de mission à la sécurité publique. Nous allons voir si les policiers se sentent mieux, plus en sécurité avec une arme, qu'ils ne portent aujourd'hui que la nuit. Mais avec toutes les précautions qui s'imposent, notamment le rétablissement d'une formation de six semaines au minimum.

On peut attendre des résultats tangibles rapidement ?

Nous avons prévu de monter en puissance progressivement. Les Toulousains ne verront peut-être pas l'efficacité du système tout de suite, mais ils pourront constater des changements avec certaines mesures que nous allons prendre rapidement. Comme le rétablissement des patrouilles de nuit, qui s'arrêtent actuellement à minuit. Ce qui est incohérent quand on a un office de la tranquillité qui continue à prendre les appels. D'ores et déjà, les responsables de la police municipale ont reçu des instructions pour redéployer les personnels vers les zones sensibles et commerciales. Et à terme, nous voulons assurer le même service dans tous les quartiers qui ont droit au même niveau de sécurité publique.


Ordre et République

Olivier Arsac, 44 ans, aime la République et l'ordre. Ce n'est donc pas par hasard si cet agent immobilier de 44 ans , porte-parole dans le départment du parti de Nicolas Dupon -Aignan «Debout la République», a été nommé adjoint à la sécurité avec la volonté de rompre avec les postures idéologiques et de collaborer étroitement avec la police nationale. «En appui», dit-il.

 

Recueilli par Gilles- R.Souillés

 

www.ladepeche.fr

Jean-Luc MOUDENC, Député-Maire de Toulouse, a écouté le SDPM et met en place ses propositions à Toulouse.

Jean-Luc MOUDENC, Député-Maire de Toulouse, a écouté le SDPM et met en place ses propositions à Toulouse.

Rédigé par SDPM

Publié dans #politique et sécurité, #police municipale

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