Armement dans le Val d'Oise : le SDPM dans le Parisien

Publié le 14 Octobre 2014

Éragny - Argenteuil : des tasers et des flash-balls pour les policiers municipaux

Afin de rassurer leurs agents qui patrouillent de plus en plus tard, les deux maires UMP souhaitent les équiper d'armes non létales.

Maïram Guissé et Christophe Lefèvre | 14 oct. 2014, 07h00

Eragny-sur-Oise, vendredi dernier. Les habitants saluent la volonté de la mairie d’équiper ses policiers de tasers. (LP/C.L.)

Eragny-sur-Oise, vendredi dernier. Les habitants saluent la volonté de la mairie d’équiper ses policiers de tasers. (LP/C.L.)

Bientôt des tasers à Eragny-sur-Oise. Thibault Humbert avait fait de la sécurité l'un des axes de sa campagne électorale. Désormais élu, le nouveau maire () est passé à l'action. Il vient de demander au  du Val-d'Oise l'autorisation d'équiper les policiers municipaux de tasers (pistolet à impulsion électrique). Des agents dont l'effectif a augmenté : ils seront dix fin 2015, contre sept jusqu'à présent. Et qui ont vu leurs horaires évoluer, puisque, depuis le 1 er octobre, ils travaillent le soir jusqu'à 23 heures.

« Les policiers municipaux travaillent plus tard. Et il y a une violence à laquelle ils doivent pouvoir répondre, explique le maire. En cas de regroupement d'individus, par exemple, le taser peut aider à se sortir de situations délicates. » Pour l'élu, « la police municipale est souvent reléguée au second plan, alors qu'elle a de plus en plus sa place dans des villes comme Eragny ».

Si certains habitants comme Ferda trouve cela un peu extrême, la plupart saluent la décision. « Je pense que cela peut être dissuasif, glisse Daniel, un septuagénaire qui vit sur la commune depuis 1977. Le taser peut être nécessaire dans certaines situations. Et puis, c'est quand même moins dangereux qu'une arme à feu. » Pour les principaux intéressés, l'arrivée des tasers relève de l'évidence. « Je ne comprends pas que l'on se pose encore la question, martèle Jean-Luc Stoeblen, chef de la police municipale. C'est normal que l'on donne la possibilité aux  de se défendre. A quelque chose près, nous avons les mêmes missions que la police nationale. Mais il ne s'agit pas de sortir son arme à tout bout de champ. »

A Argenteuil, les policiers municipaux seront bientôt munis de flash-balls (armes tirant des balles en caoutchouc). « Ils arriveront fin novembre, début décembre, assure le cabinet du maire (UMP) Georges Mothron. Nous attendons juste l'autorisation de la préfecture. » De son côté, le sous-préfet indique que le dossier n'est encore pas complet. Dix armes ont déjà été achetées. Parmi les 43 agents, cinq sont actuellement formés à leur utilisation, ils seront quinze fin 2015. « C'est une étape importante pour les effectifs, notamment pour la brigade de soirée, réagit Philippe Piquet, directeur de la police municipale. En opération, les agents peuvent faire l'objet d'insultes, de menaces et de coups... Le port d'arme rassure. »

La ville espère aussi éviter la fuite de ses agents vers d'autres communes. Cette année, comme en 2013, huit policiers municipaux ont déserté Argenteuil à l'issue de leur formation après avoir été assermentés.

« Ils sont exposés aux mêmes risques que la police nationale »

Cédric Michel, président du Syndicat de défense des policiers municipaux

Faut-il armer les policiers municipaux ? « C'est indispensable ! », répond avec aplomb Cédric Michel,  du Syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM). Pour lui, cette question ne devrait même pas se poser. « On confie à ces agents des missions de sécurité. Ils interviennent sur des faits de voie publique, ils sont exposés aux mêmes risques que les policiers nationaux, alors ils doivent être  » Les villes d'Eragny et d'Argenteuil ont choisi l'armement collectif, des tasers dans la première et des flash-balls dans l'autre. A terme, le SDPM estime qu'il faudra aller plus loin et songer à fournir aux agents des armes létales. « Cela est nécessaire pour répondre à des situations de légitime défense des agents et de la population qu'elle protège, réagit Cédric Michel. Face à un homme muni d'un kalachnikov, un agent ne peut pas répondre avec un flash-ball... » Outre l'aspect sécuritaire, l'armement permet de recruter plus facilement. « Les policiers se sentent plus en sécurité, travaillent plus sereinement », constate Cédric Michel.

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