Manuel Valls renforce Vigipirate pour la période des fêtes de fin d'année

Publié le 24 Décembre 2014

Manuel Valls renforce Vigipirate pour la période des fêtes de fin d'année

VIDÉO - Après les trois attaques contre des policiers puis des civils, de Joué-lès-Tours à Nantes, Matignon mobilise l'armée et les services de l'État.

La police municipale patrouille sur le marché de Nantes.

La police municipale patrouille sur le marché de Nantes.

«Protéger et rassurer.» C'était le leitmotiv de la réunion ministérielle consacrée aux événements tragiques qui se sont succédé depuis samedi dernier, à Joué-lès-Tours, Dijon puis Nantes. Présidée par le premier ministre, Manuel Valls, alors que le président de la République, François Hollande, étaient encore dans l'avion qui le conduisait à Saint-Pierre-et-Miquelon, cette sorte de conseil de crise a été rassemblé dans l'urgence, à Paris, à la demande du chef de l'État, pour témoigner de la mobilisation du gouvernement.

Aux côtés d'un ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, à la mine grave, Manuel Valls a estimé que «chaque événement de ces trois derniers jours est distinct», mais il a semblé cependant les englober dans une même logique, en évoquant des «réactions mimétiques». D'emblée, il a considéré qu'«il y a une menace terroriste en France» et que «c'est sans doute le défi majeur de notre époque».

Au moment où il s'exprimait, le chef du gouvernement n'ignorait pas que, dans l'affaire de Nantes, où dix personnes ont été fauchées par une camionnette, lundi soir, sur le marché de Noël de la ville, l'une des victimes était déclarée en état de «mort clinique» depuis quelques heures. L'homme le mieux informé de France, avec son ministre de toutes les polices, savait aussi qu'un individu sous l'emprise de l'alcool, avait, la veille, encastré son véhicule dans la grille d'une mosquée à Strasbourg, «par accident», et qu'au petit matin, la police municipale de Cannes avait arrêté, avec professionnalisme, un suspect qui circulait armé jusqu'aux dents, sans que l'on sache bien, alors, ses motivations. Le parquet a depuis fait savoir qu'il s'agissait sans doute d'un braqueur ou d'un «justicier» de route.

«Combattre les amalgames»

Quoi qu'il en soit, Manuel Valls appelle au «discernement» et au «sang-froid» en ces «moments de crise». Il faut, dit-il, «combattre les amalgames», avoir une «parole proportionnée».

L'armée va déployer en France «dans les heures qui viennent», a-t-il promis, entre «200 et 300 militaires supplémentaires» pour renforcer la sécurité des lieux publics. Ils s'ajouteront, a-t-il précisé, aux «780 gendarmes et militaires mobilisés par le plan Vigipirate», ce dispositif de sécurité déployé lors des célébrations en France ou en cas de menace particulière. Le renfort, toutefois, correspond à une moyenne de trois à cinq militaires de plus par grande ville. C'est peu, mais les forces de sécurité sont déjà quasiment au maximum de leurs possibilités.

On se souvient que durant les émeutes de 2005, après trois semaines d'échauffourées dans les banlieues, un même problème de capacité opérationnelle s'était posé. L'armée française est, de toute façon, une armée professionnelle projetée loin de l'Hexagone. «Les casernes n'ont plus grand monde à mettre à disposition», confie un préfet.

La stratégie, toutefois, va s'affiner, avec des patrouilles réorientées vers les zones d'affluence commerciales, comme les cinémas, gares, réseaux de transport en commun. Avec des consignes pour limiter les gardes statiques, qui font des agents autant des cibles potentielles. Il faudra privilégier les «patrouilles dynamiques», a dit Manuel Valls.

Par ailleurs, dans les lieux publics où des sas sont en place, les sacs seront fouillés. Et un travail de coordination sera effectué avec les polices municipales, mais aussi les pompiers et, d'une manière générale, tout ce qui porte l'uniforme. Les maires seront associés.

Le premier ministre a aussi invité les membres des forces de l'ordre, cibles récurrentes des menaces de l'État islamique, à se protéger eux-mêmes. Mais pas de policiers ou de militaires pour protéger les policiers ou policières. L'idée, lancée en 2007 par Ségolène Royal, avait suscité assez de sarcasmes pour ne pas être reprise en 2014.

Publié le 23/12/2014 à 19:15

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Rédigé par SDPM

Publié dans #politique et sécurité, #police municipale

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