Journal la Croix : Les policiers municipaux seront mieux équipés

Publié le 28 Janvier 2015

Journal la Croix : Les policiers municipaux seront mieux équipés

 

Les policiers municipaux ont obtenu de nouveaux moyens en matière d’armement, de protection et d’accès aux fichiers de police.

 

27/1/15 - 15 H 56

Le gouvernement s’engage à mieux équiper la police municipale. THIERRY BORDAS/LA DEPECHE DU MIDI/MAXPPP

Le gouvernement s’engage à mieux équiper la police municipale. THIERRY BORDAS/LA DEPECHE DU MIDI/MAXPPP

 

Après le meurtre d’une policière municipale de Montrouge par Amédy Coulibaly, le 8 janvier, le ministère de l’intérieur a annoncé lundi 26 janvier au soir une série de mesures pour « améliorer les conditions de travail et de protection » des policiers municipaux.

2800 MAIRIES ÉQUIPÉES D’ARMES À FEU
Sur l’armement, Bernard Cazeneuve s’est engagé à fournir des revolvers aux mairies qui le souhaitent, dans un volume total maximum de 4 400 armes. Mais cela se fera à « cadre juridique constant » : il ne s’agit pas, pour l’État, d’armer tous les policiers municipaux.

Un choix qui relève en effet de la compétence des mairies et des collectivités. Elles sont autorisées à doter leurs polices d’armes à feu depuis les années 1960, mais peuvent estimer que des matraques, des aérosols lacrymogènes ou même des pistolets à impulsion électrique (type Taser) suffisent.

Sur 4 600 polices municipales, 2 800 sont équipées d’armes à feux, affirme Christian Estrosi, président de la Commission consultative des polices municipales, député et maire UMP de Nice.

« La proposition du ministère est une avancée, même si les armes promises sont moins performantes que celles des policiers nationaux,relève-t-il. Dès lors que, comme à Nice, les examens, la formation et l’entraînement sont de même niveau, les équipements devraient être comparables. »

UN ÉQUIPEMENT ENCORE INSUFFISANT  ?
L’élu assure que 150 à 200 mairies sont en procédure pour demander l’agrément permettant d’armer leurs polices et que ce chiffre devrait encore augmenter, vu les événements et la pression des syndicats.

Richard Mousset, secrétaire général du Syndicat de défense des policiers municipaux, regrette ainsi que le ministère n’ait pas annoncé la généralisation de l’armement des policiers. « Quel drame faudra-t-il encore pour nous équiper correctement  ? », s’agace-t-il.

L’autre avancée obtenue, en matière de protection, concerne les gilets pare-balles. Le fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) sera augmenté de deux millions d’euros pour en cofinancer l’acquisition.

La participation de l’État passera de 30 % à 50 %, dans la limite de 250 €, avec l’objectif d’acheter 8 000 gilets. « C’est une avancée, mais le montant ne permettra pas d’acquérir des gilets de qualité suffisante qui auraient permis à la policière de Montrouge de survivre », note Christian Estrosi.

AMÉLIORER LA COORDINATION
Enfin, le ministère a annoncé qu’il cofinancerait l’achat de nouvelles radios permettant aux policiers attaqués de mieux donner l’alarme, et que des« postes d’opération communs à la police nationale, municipale et la gendarmerie » seraient créés, précise Chistian Estrosi.

Le ministère a également accédé à une ancienne revendication des policiers municipaux : l’accès aux fichiers de police, notamment celui des immatriculations de véhicules volés et celui des personnes recherchées. Le contrôle d’identité hors infraction constatée ne leur a en revanche pas été accordé.

Flore Thomasset

 

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