Le Figaro : interview du Secrétaire Général du SDPM, Monsieur Richard MOUSSET

Publié le 17 Janvier 2015

Pourquoi les Policiers Municipaux ne sont-ils pas systématiquements armés.
Le Figaro : interview du Secrétaire Général du SDPM, Monsieur Richard MOUSSET

Par Edouard de MareschalMis à jour le 16/01/2015 à 23:08 Publié le 16/01/2015 à 22:38

Le meurtre d'une agent de la circulation par Amedy Coulibaly relance le débat sur l'équipement des policiers municipaux. Mais une généralisation du port d'arme se heurte à des réticences budgétaires et politiques.

 

Le 8 janvier dernier, Amédy Coulibaly tirait dans le dos de Clarissa, une policière municipale qui faisait la circulation à Montrouge. Son assassinat a relancé le débat sur le port d'arme des policiers municipaux, qui n'est pas systématique. Le Syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM) a demandé à ses membres non armés de se retirer de la voie publique pour obtenir le droit de porter une arme à feu. Le point sur le cadre actuel et les enjeux d'une telle revendication.

• L'autorisation de port d'arme est soumise à des critères précis

Seuls 45% des policiers municipaux portent une arme en France. L'autorisation de port d'arme est soumise à une procédure très précise. Seuls les maires peuvent faire une demande qui devra être validée par la préfecture. La demande doit être motivée par le cadre de la mission confiée aux fonctionnaires de police. «C'est ce qu'on déplore», explique Richard Mousset, secrétaire général du SDPM. «Chaque mission peut potentiellement requérir une arme. On a connu des cas de blessures par balles sur des collègues qui intervenaient pour un simple problème de stationnement.» Avant le drame de Montrouge, la police municipale avait déjà été ébranlée par un drame similaire. Le 20 mai 2013, une policière avait été abattue par un commando sur-armé alors qu'elle pensait intervenir pour un simple accident de la route.

 
 

• Certains élus plaident pour un meilleur équipement des agents...

Depuis les attentats de janvier, plusieurs maires ont fait part de leur intention d'armer leurs policiers municipaux. En Saône-et-Loire, le maire UMP de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, a demandé l'autorisation d'armer ses 22 agents de police municipale en raison du «contexte national». Il a également annoncé leur dotation prochaine en gilets pare-balles et en armement non létal de type «flash-ball». Le maire UMP de Nice Christian Estrosi plaide quant à lui pour que les policiers municipaux soient «armés à armes égales avec la police nationale», autorisés à porter des pistolets. «Je demande à ce qu'on nous accompagne pour financer les gilets pare-balles pour toutes les polices municipales de France», ajoute-t-il. Une demande également formulée par l'Association des maires de France (AMF) présidée par François Baroin (UMP), qui demande des gilets pare-balles au moins pour les policiers armés.

• ...Mais d'autres sont plus réticents

La décision d'armer des policiers est également politique, selon Richard Mousset : «Certains maires s'opposent par principe à tout armement. Par exemple, les maires communistes n'arment pas leurs policiers, alors que les maires socialistes sont généralement un peu moins réticents.» Mais le gouvernement ne semble pas vouloir sortir de ce statu quo. «On a demandé au ministère de l'Intérieur de prendre des mesures pour obliger les municipalités à armer leurs policiers», explique-t-il. «Mais ils se retranchent derrière le principe de libre administration des communes pour estimer qu'une telle décision serait anticonstitutionnelle. Pourtant, ils n'ont rien demandé aux communes quand il s'est agi d'imposer une refonte de nos uniformes ou la nouvelle signalisation sur nos voitures.»

• Une généralisation de l'armement serait coûteuse

On nous oppose que dans un contexte budgétaire contraint, le coût d'une telle généralisation de l'armement pour les policiers municipaux pose problème. Avant de porter une arme, un fonctionnaire doit obligatoirement suivre une formation de 15 jours qui coûte 1700 euros par agent à la collectivité locale, estime Richard Mousset. Cela implique également que le fonctionnaire soit remplacé pendant tout le temps de sa formation. Un revolver 9 mm coûte entre 900 et 1200 euros à l'achat, sans compter les dépenses liées à l'entretien. Ensuite, les policiers armés ont une obligation d'entraînement, contrôlée par le préfet. Chaque fonctionnaire de police doit suivre au minimum deux formations et tirer au moins 50 cartouches par an.

D'après www.lefigaro.fr

 

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