Le SDPM dans la Voix du Nord : La Madeleine: la police municipale pourrait bientôt porter le revolver

Publié le 13 Février 2015

La Voix du Nord

La délibération sera présentée devant le conseil de La Madeleine, lundi. Le maire Sébastien Leprêtre (UMP) souhaite équiper treize policiers municipaux d’armes de catégorie B, en l’espèce de revolvers. Une décision post-Charlie ? Oui, mais pas seulement.

Interview.

PUBLIÉ LE 

PAR PLANA RADENOVIC

La Madeleine est la commune de la métropole avec le plus de policiers municipaux par habitant (14 pour plus de 22<134>000).

La Madeleine est la commune de la métropole avec le plus de policiers municipaux par habitant (14 pour plus de 22<134>000).

– Vous avez choisi d’armer la police municipale. Avec quoi ?

Sébastien Leprêtre : « Nous allons délibérer lundi. Il s’agira, si la délibération est votée, d’armes de catégorie B, des revolvers. Le choix précis des armes n’est pas fixé. Il y en aura un pour chacun, plus exactement pour 13 sur 14, une personne restant au poste en permanence. »

- Combien cela coûtera-t-il ?

« Entre 50 000 et 55 000 €. Une arme coûte autour de 1 000 €, mais il y a aussi les gilets pare-balles, l’armoire forte, et la formation initiale. Cette dernière est ce qui vaut le plus cher. »

- Justement, les policiers municipaux seront-ils assez formés ?

« Tout cela est très calibré, heureusement. Je n’ai rien déclenché encore mais si c’est voté, il faut saisir le préfet, vérifier que les agents sont en conditions de santé physique et psychologique optimales (ils passent une visite médicale), et ils reçoivent une formation initiale, en plus des entraînements. »

– Quand porteraient-ils l’arme ?

« Pas avant l’automne, même si j’ai cru comprendre que le gouvernement souhaitait accélérer les délais. »

– Le gouvernement, PS, a annoncé fin janvier qu’il mettait 4 000 revolvers à disposition des polices municipales, et une aide au financement des gilets pare-balles. Comment sentez-vous le conseil ?

« Je pense que le débat a tendance à se dépolitiser. Je veux faire ce pari positif : ce que nous n’avons pas réussi à faire autour de Je suis Charlie (rassembler majorité et opposition, ndlr), j’espère que nous pourrons le faire là. Il y aura forcément un débat. La délibération a déjà été présentée en commission municipale le 29 janvier, l’opposition a pris des notes. »

– Cette idée vous est venue après la tuerie de Charlie Hebdo ?

« Ce n’est pas une décision réflexe, mais une décision réfléchie. Au dernier mandat, je les ai équipés de gilets pare-balles et de tonfas, ils avaient déjà des matraques souples et des bombes lacrymogènes. Nous avons une convention entre polices municipale et nationale. On a franchi les étapes qui nous conduisent naturellement à l’armement. Et il y a une demande, des fonctionnaires, qui ne date pas d’aujourd’hui. Enfin, il y a ce qu’il s’est passé en janvier, mais aussi récemment, à Marseille. On tire sur des policiers ! Nous sommes dans un moment où on prend la République pour cible. »

– Mais ce n’était pas dans votre programme...

« J’ai déjà testé ce sujet dans une réunion publique, les gens n’y étaient pas favorables. Je préfère me réclamer de ceux qui montrent le chemin. Aujourd’hui on est dans un temps politique qui réclame des décisions, avec un grand D. »

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