Quand on ne supporte plus son chef...

Publié le 11 Février 2015

A tous les échelons hiérarchiques, on peut subir les travers de son chef. De quoi se décourager, sauf à trouver des parades. istock.

A tous les échelons hiérarchiques, on peut subir les travers de son chef. De quoi se décourager, sauf à trouver des parades. istock.

Vexant, cachotier, fuyant, invisible... Votre supérieur non seulement peine à assumer son rôle mais en plus, il vous use à petit feu, voire vous tape sur les nerfs. Comment réagir ? Les conseils d'Hubert Landier, expert en relations sociales.

Même si les temps semblent changer, que l'on entend beaucoup parler d'esprit collaboratif au travail, les comportements, eux, se modifient lentement. Les managers ne sont pas épargnés. A tous les échelons hiérarchiques, on peut subir les travers de son N+1.... De quoi se décourager, sauf à trouver des parades.  

 

1. Il est impoli, grossier, arrogant

"Alors mon cher, il est fini ce dossier?". Ni un bonjour, ni un merci du chef pour être resté tard ou avoir chamboulé ses vacances afin de pallier des urgences ou des absences. Cela devient intolérable. Et lorsque que l'attitude hautaine de son supérieur s'accompagne de remarques familières ou humiliantes, de tutoiements intempestifs, elle frôle le dénigrement voire le harcèlement. 

 

A tenter. Remettez-le à sa place en prenant l'exact contrepied de son attitude, avec un respect ostensible; employez le "vous", remerciez-le et dites bonjour systématiquement etc. Demeurez distant mais courtois. 

 

2. Il garde les informations pour lui

Ce jour là, dans la division en cours de cession d'un groupe métallurgique, les ouvriers éberlués voient débarquer deux hommes en costumes cravate. Deux auditeurs venus examiner les postes et les machines en vue de rédiger un rapport circonstancié pour l'acquéreur, un fonds de pension. Le chef d'atelier n'avait pas jugé bon de prévenir l'équipe, ni de la visite, ni de la conclusion effective de la vente. Et ce n'était pas une première. Pratiquée au quotidien, la rétention d'information démotive les salariés relégués au rang d'exécutants. Obéir sans savoir pourquoi on fait les choses incite à baisser les bras.. 

 

A tenter. Dénichez les informations par d'autres voies, auprès de collègues d'un service voisin dont le patron diffuse largement ce qu'il sait sans prétexter la "confidentialité" comme le vôtre ou auprès de clients sûrs, dans votre réseau relationnel. Vous pouvez aussi interroger votre chef: "es-tu au courant de la suite du plan X ? Je ne peux pas être serein ou avancer dans mon travail sans avoir tel et tel élément..." 

 

3. Il se dérobe face aux questions et aux suggestions

Le chef laisse traîner un sujet, refusant de trancher : "Oui, j'y pense, je te redis". Rien ne vient, le collaborateur ronge son frein. Même dans des entreprises adeptes de qualité totale, des managers en arrivent à tuer des initiatives par peur ou lâcheté. Dans une ETI de la mécanique, j'ai ainsi entendu un opérateur qui avait proposé d'installer un caillebotis à son poste pour éviter d'avoir les pieds dans l'huile. Il émit sa suggestion, décrivant en détail par écrit le bienfait de son idée, et attendit... six mois avant d'avoir la réponse -favorable - de son chef. Comment accepter un tel silence ? La patience de l'homme était à bout, il se sentait méprisé, inutile alors qu'il pensait apporter une contribution positive à l'usine.  

 

A tenter. Reparlez-lui assidûment du dossier jusqu'à ce que, exaspéré peut-être, il finisse par le traiter ; si nécessaire, allez voir le n+2. 

 

4. Il décide en catimini

Le chef ne fait aucune réunion. Tout se règle à l'improviste à la machine à café ou dans l'ascenseur en petit comité. Et ce sont les audacieux, les beaux parleurs ou les obséquieux qui récupèrent les projets les plus intéressants, les voyages d'études, etc. Horripilant et injuste pour les autres qui se sentent exclus et aimeraient faire valoir leur point de vue, leurs envies. De surcroît, les collaborateurs sont privés d'un lieu pour échanger leurs bonnes pratiques, connaître les difficultés des autres, les orientations de l'entité. La vie collective est inexistante. 

 

A tenter. Demandez-lui avec plusieurs autre salariés/cadres d'instaurer des réunions régulières pour trouver des solutions, et faites de celles-ci autant d'occasions d'aborder d'autres thématiques et de vous positionner. 

 

5. Il se met en mode "abonné absent"

Injoignable ! Face à un problème complexe chez un client, ce technicien de maintenance appelle son responsable au siège, mais le téléphone est sur répondeur pendant deux heures. Enfin, quand le chef décroche, le technicien entend: "Je n'ai pas le temps, c'est ton problème, tu te débrouilles !". Son manager a confondu l'urgent et l'important, incapable de démêler les priorités. Inadmissible pour un salarié qui se voit ainsi "lâché". 

 

A tenter. Provoquez un entretien pour lui expliquer ce qui vous a manqué dans la situation et rappelez-lui vos besoins pour bien travailler. 

 

Auteur de "18 bonnes raisons de détester son entreprise", François Bourin éditeur, 2012 

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Rédigé par SDPM

Publié dans #social, #professionnel

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