Nevers(58) : l'ancien Maire est choqué de la décision d'armer les policiers municipaux

Publié le 25 Mars 2015

Nevers(58)

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Sur le site internet du JDC nous pouvons lire les déclarations de Mr Didier Boulaud, ancien Maire de Nevers, relatives à la décision de Denis Thuriot, nouvel édile, d’armer sa Police Municipale : "Je suis extrêmement perturbé et choqué par le choix de Denis Thuriot, confie-t-il. Cette décision ne correspond pas au contexte local. Cet alignement précipité sur des villes comme Nice, avec Christian Estrosi, ou Béziers, avec Robert Ménard, me paraît en effet inapproprié pour une ville comme Nevers, qui est calme, même s’il y a, comme partout, des phénomènes de petite délinquance". 

Comment, encore aujourd’hui, avec les faits qui ont touchés récemment notre pays, où comme avec Aurélie FOUQUET ou Clarissa JEAN-PHILIPPE décédées en service, peut-on tenir un tel discours.

La sécurité n’est pas l’apanage exclusif des élus de droite comme semble l’affirmer Mr Boulaud, des Maires Socialistes, comme à Metz, on fait le choix d’armer leur Police Municipale.

Didier Boulaud ajoute : "Pierre Bérégovoy comme moi avons toujours été opposés à l’armement des policiers municipaux. J’ai donné le feu vert pour qu’ils soient équipés de tonfas, mais on est là dans une démarche de défense, de protection contre une éventuelle agression physique. Que la municipalité décide d'équiper les policiers municipaux de gilets pare-balles, pourquoi pas? Mais les équiper d’armes susceptibles de donner la mort me choque".

Quand on lit les déclarations de Mr Boulaud, il serait impossible qu’un Policier Municipal se retrouve à Nevers face à des individus armés. N’y-a-t-il jamais eu de vol à main armé dans cette commune ? Selon cet ancien maire, un simple tonfa suffirait amplement pour se défendre. Alors pourquoi reconnaître l’utilité de porter un gilet pare-balle ? Ce dernier ne semble pas avoir conscience de l’état actuel de la délinquance en France.

Un policier municipal peut tomber nez à nez avec des gangsters armés ou des terroristes, dans l’exercice normal et quotidien de ses fonctions. Nous rappelons que ce fut le cas d’Aurélie FOUQUET et de Clarissa JEAN-PHILIPPE.

Le SDPM milite au quotidien pour l’armement à feu de l’ensemble des Policiers Municipaux, la délinquance n’épargnant aucun territoire et chaque mission étant potentiellement dangereuse.

Aujourd’hui, ne pas vouloir armer un policier municipal relève de l’irresponsabilité.

Le Responsable de la Communication

Nicolas KONIECZNY

 

Le Journal du Centre Centre France

Les policiers municipaux de Nevers armés : Didier Boulaud se dit "choqué"

18/03/15 - 19H25

"Il est significatif de voir que le maire a reçu le soutien du FN. Cela devrait l’amener à s’interroger" - BRUGGER Lionel

"Il est significatif de voir que le maire a reçu le soutien du FN. Cela devrait l’amener à s’interroger" - BRUGGER Lionel

L'ancien maire de Nevers, Didier Boulaud (de 1993 à 2010) est sorti de sa réserve suite à la décision de Denis Thuriot, annoncée hier soir en conseil municipal, d'armer les policiers municipaux. 

Il ne s’est pas exprimé sur la gestion de la ville de Nevers depuis le 8 mai 2010, date à laquelle il a quitté la mairie. La décision d’armer les policiers municipaux a fait sortir de son silence Didier Boulaud, maire de 1993 à 2010, en retrait de la vie politique locale. Qui, il le souligne, parle "en tant que citoyen".

Contexte local. "Je suis extrêmement perturbé et choqué par le choix de Denis Thuriot, confie-t-il. Cette décision ne correspond pas au contexte local. Cet alignement précipité sur des villes comme Nice, avec Christian Estrosi, ou Béziers, avec Robert Ménard, me paraît en effet inapproprié pour une ville comme Nevers, qui est calme, même s’il y a, comme partout, des phénomènes de petite délinquance". 

Défense. "Pierre Bérégovoy comme moi avons toujours été opposés à l’armement des policiers municipaux. J’ai donné le feu vert pour qu’ils soient équipés de tonfas, mais on est là dans une démarche de défense, de protection contre une éventuelle agression physique. Que la municipalité décide d'équiper les policiers municipaux de gilets pare-balles, pourquoi pas? Mais les équiper d’armes susceptibles de donner la mort me choque". 

Bavure. "Il y a déjà eu une bavure à Nevers, dans les années 1980 : un policier avait tué un homme appartenant à la communauté des gens du voyage à la guinguette, près du pont de Fer. Les bavures, ça existe. Et ce n’est pas forcément pour les autres". 

Réflexion. "Prendre une décision comme celle-ci aurait nécessité une réflexion, une consultation de la population qui n’a pas eu lieu. Surfer sur le sentiment d'insécurité, c'est ajouter de l'insécurité. J'invite la population à réfléchir à cette décision".

Consentement. "En tant que maire ou directeur de cabinet de Pierre Bérégovoy, je n'ai pas le souvenir que les policiers municipaux aient réclamé le port d'une arme. La police municipale a-t-elle changé de nature? Lui a t-on forcé la main? On ne confie pas une arme de cette sorte à quelqu'un qui ne le veut pas. Si un agent refuse de porter une arme, ce sera à son honneur".

FN. "Il est significatif de voir que le maire a reçu le soutien du FN. Cela devrait l’amener à s’interroger".

Didier Boulaud le confie : il  n'exclut pas, dans quelques semaines, "d'inviter les citoyens qui partagent son émotion à venir faire part de ce sentiment auprès du maire lors d'un rassemblement qui pourrait être dégagé de toute contrainte politicienne".

 
Des propos recueillis par Valérie Mazerolle
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