Armement : le SDPM dans Metronews

Publié le 19 Novembre 2015

CRÉÉ : 19-11-2015 16:29

CRÉÉ : 19-11-2015 16:29

 

Policiers armés même sur leur temps de repos : sur quelles bases ?

L'autorisation du port d'arme y compris hors service a été donnée aux policiers.

L'autorisation du port d'arme y compris hors service a été donnée aux policiers.

SECURITE - Selon une note provisoire de leur direction publiée jeudi, les policiers pourront désormais porter leur arme en permanence, y compris sur leur temps de repos. La demande était faite de longue date par les syndicats de policiers, mais la décision a été précipitée avec les attentats de vendredi.

C’était une demande de longue date. Les attentats de vendredi et les mesures sécuritaires qui ont suivi ont accéléré la décision : désormais, les policiers pourront être armés en permanence, y compris quand ils ne sont pas en service. Jusqu’à maintenant, les policiers en repos devaient en théorie laisser leur arme dans leur service ou chez eux. Mais cette pratique fluctuait déjà en fonction des spécialités.

► Comment ça va marcher ?

D’après la note de la direction générale de la police nationale (DGPN) publiée jeudi, les policiers auront désormais la possibilité d’être armés de manière plus systématique et réglementaire notamment lors de leurs jours de repos. La mesure était demandée depuis longtemps par les syndicats de police, mais elle a été réitérée samedi après les attentats de Paris. La démarche sera basée sur le volontariat. Le policier devra aviser sa hiérarchie du fait qu'il prend son arme en rentrant chez soi, par exemple. Il devra également, en cas d'intervention en dehors du service, porter un brassard "police" afin d’éviter "toute confusion". Il faudra, enfin, avoir effectué un minimum de séances de tir réglementaire organisées dans la police. "Ils pourront utiliser" l'arme "à tout moment à condition de respecter le droit pénal et les règles de légitime défense" a précisé le Directeur général de la police national, Jean-Marc Falcone, jeudi matin sur RTL. 

► Pourquoi cette demande ?

Depuis les attentats de janvier 2015 et la montée du risque terroriste, les policiers ont clairement l’impression d’être des "cibles potentielles sur la voie publique", rappelle le syndicat de police Alliance dans un communiqué. Dans ce contexte, ils veulent aussi pouvoir se défendre "avec un matériel à la hauteur des menaces actuelles." Pour appuyer leur demande, les syndicats de police citent le cas d'un commissaire de police de l'Eure, qui se trouvait au Bataclan vendredi soir au moment de l'attentat, et a été gravement blessé par les tirs des assaillants en intervenant sans arme. Ils ont également mis en avant le cas d'un gardien de la paix parisien hors service, tué alors qu'il était à la terrasse d'un café ciblé par une attaque. 

► Et les policiers municipaux ?

Mercredi, devant les maires réunis en Assemblée, François Hollande a annoncé que les polices municipales pourront être équipées avec des armes de la police nationale. Mais pour le Syndicat de défense des policiers municipaux, cette annonce est une "fausse nouvelle mesure". D’abord, parce qu’elle est déjà en œuvre depuis les attentats de janvier, où Bernard Cazeneuve avait annoncé que 4 000 armes seraient mises à disposition de ces fonctionnaires. Mais aussi et surtout, parce que l’armement des polices municipales dépend du bon vouloir du maire de la commune dans laquelle ils travaillent. "Il va de soi que les maires qui ne veulent pas armer leur police municipale continueront à ne pas le faire", indique le SDPM par communiqué. Il appelle le gouvernement "à prendre des mesures exceptionnelles afin de donner à toutes les forces de l'ordre les moyens de pouvoir protéger nos concitoyens." En France, l'armement varie ainsi énormément suivant les régions. En Bretagne, seuls 6% des policiers municipaux sont armés, contre 80% en Languedoc-Roussillon, et 34% en Ile-de-France. Et si certaines communes l’ont adopté depuis longtemps dans une certaine discrétion, comme Palavas-les-Flots qui a armé ses policiers depuis 20 ans, la décision prise dans d’autres localités suscite de vrais tollés : comme l’exemple de Béziers, où le maire Robert Ménard a armé la police en février dernier et en avait fait la promotion dans une grande campagne d'affichage.

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