Police Municipale de SAINTES (17) : le maire fait un pas de plus vers l’armement

Publié le 2 Juin 2016

Police Municipale de SAINTES (17) : le maire fait un pas de plus vers l’armement

La préfecture a reçu une demande d’autorisation formulée par le maire. Officiellement, le sujet fait toujours l’objet d’une réflexion.

Le maire divers droite de Saintes, Jean-Philippe Machon, s'apprête-t-il à armer la police municipale ? Une demande d'autorisation a été adressée à la préfecture de la Charente-Maritime « dans le courant du mois de mai, pour des armes de catégorie B », confirme celle-ci (1). Autrement dit, l'élu saintais - seul à décider d'une telle mesure - semble avoir tranché la question. L'autorisation préfectorale n'aurait pas encore été donnée. « Des documents complémentaires sont nécessaires pour débuter l'instruction de la demande », précise uniquement la préfecture.

Marcel Ginoux, adjoint au maire de Saintes en charge des questions de sécurité, reconnaît au nom de la « transparence totale » l'envoi d'un tel « courrier » à la préfecture. Mais, selon lui, cette demande d'autorisation n'aurait été formulée qu'avec l'idée « d'interpeller » le préfet Éric Jalon sur l'opportunité d'armer ou non les agents saintais.

Une initiation pour les agents

La semaine passée, les policiers municipaux ont participé à une séance de tir organisée dans un stand. Marcel Ginoux parle simplement d'une « initiation », certains agents n'ayant encore jamais tenu une arme. L'adjoint au maire insiste sur un point : aucune décision n'aurait encore été prise, bien que tout laisse à penser le contraire. Le sujet s'avère en effet délicat. Le maire de Saintes, Jean-Philippe Machon, s'est engagé à ouvrir une concertation avec les élus de l'opposition municipale de gauche.

La tribune libre des élus de la majorité, publiée dans le dernier bulletin municipal, évoque d'ailleurs un travail commun sur « l'armement de la police municipale », ces mêmes élus se disant « convaincus que seules la transparence et la concertation sur les dossiers permettront d'avancer ». Élus de l'opposition, François Ehlinger et Brigitte Fravreau ont bien été reçus par Marcel Ginoux pour évoquer l'opportunité d'armer la police municipale. Ni la demande d'autorisation, ni « l'initiation » n'auraient pourtant été abordées, selon eux.

De « l'idéologie »

Marcel Ginoux s'en défend : « Il me semble avoir dit ouvertement que le courrier était parti ». François Ehlinger reproche « un double langage, une duplicité. Pour moi, c'est comme le 49.3 de Valls : vous pouvez toujours discuter, mais il n'y aura pas de vote ». S'il dénonce « l'idéologie » défendue par la majorité sur la question de l'armement de sa police, François Ehlinger se montre tout aussi pragmatique.

L'élu de gauche ne souhaite pas « exposer les hommes » au regard des missions qu'ils assument aujourd'hui. Tous, dans l'opposition, ne partagent pas cette position. Officiellement, les échanges avec la majorité divers droite continuent.

(1) Les pistolets à impulsion électrique et revolvers sont regroupés dans la catégorie B (soumis à autorisation).

Rédigé par SDPM

Publié dans #politique et sécurité, #police municipale

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