Nice (06) : le maire interroge la population sur les missions de la Police Municipale, le SDPM interroge le maire !

Publié le 13 Septembre 2016

Nice (06) : le maire interroge la population sur les missions de la Police Municipale, le SDPM interroge le maire !

Après l'attentat de Nice, le 1er adjoint au maire, Christian ESTROSI, avait vertement attaqué l'Etat, sur ses lacunes en matière de sécurité publique, puis Vice-président de l'Association des maires de France (AMF), il avait déclaré que la sécurité incombait 100% à l'Etat.

Ce qui est faux.

Le maire est représentant de l'Etat dans la commune. Il est Officier de police judiciaire, et détenteur de pouvoirs de police sur sa commune, qu'il fait exécuter par ses agents de police municipale.

Sauf qu'à Nice, M. ESTROSI, lorsqu'il était maire, avait fait de la sécurité son cheval de bataille, et avait déclaré que les attentats de Paris, n'auraient pu avoir lieu dans sa belle commune.

Patatrac...nous connaissons la suite.

Il s'ensuit que de nombreux élus, se sont interrogés sur l'impact électoral d'un échec en matière de sécurité publique, surtout face au terrorisme. Ils en ont conclu, relayé par l'AMF, que le maire ne pouvait faire face à l'insécurité, qu'il n'en avait pas les moyens, et que donc c'est à l'Etat seul d'être comptable de la sécurité publique.

La réalité juridique est toute autre : entre ce que M. ESTROSI, BAROIN ou LAURENT -représentant l'AMF- voudraient et ce que la Loi prévoit, cela fait deux :

"Le maire concourt à la politique de prévention de la délinquance dans les conditions prévues à la section 1 du chapitre II du titre III du livre Ier du code de la sécurité intérieure." "Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale, de la police rurale et de l'exécution des actes de l'Etat qui y sont relatifs." "la police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques."

C'est ainsi que la ville de Nice, lance une consultation visant à réorienter les missions de la Police Municipale uniquement vers la "proximité" et la "tranquilité" laissant ainsi de côté la "sécurité".

Seulement, la réponse est déjà dans la question. Dans sa consultation, la ville nous annonce la couleur :

(On ne peut) « continuellement exiger des communes qu'elles pallient les carences de l'État avec les impôts de leurs habitants ».

Au SDPM, nous sommes lucides. Si la Police Municipale de Nice se désengage de la sécurité publique, bien entendu, l'insécurité risque d'exploser et le politicien ESTROSI pourra vertement attaquer l'Etat sur son incompétence à faire régner l'ordre partout sur le territoire national.

Mais nous lui posons deux questions :

1. Qui se soucie des administrés de la Ville de Nice qui risquent de subir l'insécurité ?

2. La Ville de Nice, nous indique que les impôts des administrés servent à combler les carences de l'Etat en matière de sécurité (en utilisant la police municipale). Mais, avec cette "réforme" de la Police Municipale, la réorientation de ses missions, les impôts des adminitrés de Nice vont-ils baisser ?

Le SDPM estime que se désengager de la sécurité, quand le pays et sa population en ont le plus besoin, pourrait relever de l'irresponsabilité.

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