Béziers : les caméras de la police municipale attendent le feu vert des autorités

Publié le 4 Janvier 2017

Déjà équipée, la police municipale de Béziers demande la remise en service des caméras piéton.

Fabrice Cantèle (à gauche) est favorable à l’extension de l’usage des caméras piéton et Dominique GARCIA, adjoint au maire, Colonel (ER) de Gendarmerie.

Fabrice Cantèle (à gauche) est favorable à l’extension de l’usage des caméras piéton et Dominique GARCIA, adjoint au maire, Colonel (ER) de Gendarmerie.

La caméra piéton, utilisée par les policiers municipaux avant juin 2016, devrait pouvoir refaire son apparition dans les rues de la cité de Riquet. Le point avec Fabrice Cantèle, chef de la police municipale de Béziers.

Le décret d'application qui autorise les policiers municipaux à utiliser la caméra piéton a été promulgué il y a quelques jours. Va-t-on assister au retour de ce matériel à Béziers ?

Dans l'immédiat, nous sommes en train de réaliser, conformément au décret, les nouvelles demandes. Il y existait un vide juridique, jusqu'il y a un certain temps, (juin 2016-NDLR) qui permettait à de nombreuses polices municipales de les utiliser. Puis, il a été décidé de suspendre leur utilisation jusqu'à parution du décret. Il est tombé. On va encore réaliser les documents nécessaires de manière à ce que les fonctionnaires puissent de nouveau porter ce type de matériel. Dès que l'accord du sous-préfet sera validé on les mettra en fonction. Rien ne se fera sans que les choses ne soient actées et validées.

Elles avaient pourtant déjà été mises en service avant juin.

Oui, parce que rien n'interdisait, avant ces décrets, leur utilisation.

Allez-vous étendre ce dispositif maintenant qu'il est autorisé à titre expérimental ?

Actuellement, nous disposons d'une dizaine de caméras. L'idée c'était que chaque équipage puisse disposer d'au moins une caméra. Il est bien évident que, si j'arrive à obtenir des budgets supplémentaires, on augmentera ce parc afin d'équiper le plus de policiers possible. C'est une décision budgétaire que la municipalité arbitrera.

"Mettre en fonction la caméra dès lors que la situation est un peu tendue"
La personne qui est contrôlée ou interpellée peut-elle demander que l'interpellation soit filmée ?

C'est le fonctionnaire qui déclenche la caméra. L'idée est de mettre en fonction la caméra dès lors que la situation est un peu tendue. Il faut que les circonstances et la nature de l'intervention laissent supposer que cette intervention peut, à un moment ou à un autre dégénérer.

Plus largement l'équipement des policiers municipaux va-t-il évoluer ?

Le policier municipal avait déjà la possibilité d'être armé. Mais les discussions gouvernementales avaient plutôt tendance à aller vers un principe d'armement auquel le maire pouvait déroger en le motivant... Je crois que l'évolution de la société et des nouveaux risques que les administrés encourent maintenant font que la police municipale, quelle que soit la ville qu'elle sert, devra faire face à de nouvelles missions qui n'étaient pas de son ressort au départ, mais qui, de par sa proximité, vont l'amener à devoir réagir et à s'adapter par rapport aux nouveaux risques.

Des menaces terroristes notamment...

L'évolution du matériel que l'État va nous accorder ne se fera qu'en fonction des risques nationaux. Les interventions se multiplient, les risques grandissent. La proximité de la PM fait que les policiers municipaux ont plus d'une chance sur deux de faire face à une situation plus compliquée qu'auparavant. On préférerait bénéficier de moyens nécessaires pour assurer leur protection et celles de nos concitoyens plutôt que d'aller sur le terrain la fleur au fusil. Le fait de patrouiller constamment, de jour comme de nuit, d'aller au contact des gens, multiplie les risques de mettre un équipage de PM face à un individu armé, décidé à commettre des crimes et cela obligera le policier municipal, en son âme et conscience, à réagir.
Chaque minute compte en cas d'urgence...

Sachant que statistiquement, d'après nos informations, on considère qu'un tueur de masse fait un mort toutes les 30 secondes. Si on veut limiter le nombre de victimes, chaque policier appréciera ce qu'il a à faire. À aucun moment je ne critique les décisions des hommes politiques, mais demander à un policier d'assurer une présence dissuasive, par exemple à proximité d'un groupe scolaire, en étant armé simplement d'un bâton, ça me semble aujourd'hui assez compliqué.

www.midilibre.fr

Rédigé par SDPM

Publié dans #communiqués SDPM, #politique et sécurité, #presse et PM

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