La commission qui ne sert à rien va se réunir encore pour rien

Publié le 13 Octobre 2017

La commission qui ne sert à rien va se réunir encore pour rien

La presse financée par les Collectivités a annoncé dernièrement que la "Commission Consultative des Polices Municipales" (CCPM) se réunirait prochainement.

N'ayez aucune crainte : il ne s'y décide rien, on n'y débat de rien... On ne fait qu'y présenter des décisions du couple Etat-AMF (association des maires de France) qui ont été débattues et déjà décidées ailleurs...

Preuve que les fédérations généralistes - non élues par les policiers municipaux - qui y siègent, n'ont aucun mot à dire, la Ministre Jacqueline GOURAULT a déclaré qu'elle accordait à l'AMF, sa revendication d'intégrer des adjoints dans cette commission.

On peut observer qu'ainsi, les communes qui menaient déjà la danse, auront encore plus de poids. Mais comment s'en étonner, lorsque l'on sait que Mme GOURAULT a été Vice-Présidente de l'AMF et que cette organisation s'est toujours battue contre toute évolution de la Police Municipale.

Leur crédo est simple : libre administration des collectivités. Autrement dit, laissez-les maires faire ce qu'ils veulent en terme de protection des agents, mais aussi de volet social.

Par ailleurs, la Ministre a déclaré : "Concernant l’armement de ces polices municipales, qui nécessite une formation solide, ou leurs missions, mon sentiment est que nous avons atteint un point d’équilibre qu’il faut maintenant préserver. "

Voilà pour la profession, affaire entendue, merci au revoir.

Néanmoins, nous pouvons nous étonner que Madame la Ministre fonde la protection vitale, des policiers municipaux sur un simple "sentiment". On aurait pu s'attendre à mieux : un rapport dûment agrémenté de graphiques, de chiffres etc... histoire de noyer le poisson.

Non, désormais, la nouvelle mode politique est la franchise à tendance méprisante : "on fait ce qu'on veut parce que c'est comme ça".

De ce que nous savons de la prochaine commission, est qu'elle aura pour objet le renouvellement des membres dans le collège des élus, notamment le remplacement de l'éphémère Président, M. François GROSDIDIER.

François GROSDIDIER, ré-élu Sénateur, qui en raison du cumul des mandats doit abandonner ses fonctions de maire et de Président de la CCPM.

Quel dommage ! alors que grâce à lui, et en quelques mois, nous avions pu apprécier un début d'évolution de la profession grâce à son dynamisme et sa motivation. Il avait sû dépasser les clivages et travailler avec le SDPM, afin de porter haut et fort nos revendications, au Ministère et au Sénat !

Peut-être, défendait-il trop les agents de Police Municipale, et trop peu l'AMF ?

Mais, ré-élu Sénateur, nous savons d'ores et déjà, que nous allons continuer à travailler avec François GROSDIDIER.

Notre question est la suivante : les Fédérations qui siègent à la CCPM vont-elle encore se déclarer satisfaites de cette énième réunion inutile ?

Toujours est-il que ce mode de fonctionnement de la CCPM semble rendre bien service au couple Etat-AMF, où devrait-on dire désormais AMF-AMF. Car cette instance de discussion de façade, sert de prétexte aux employeurs pour justifier leurs décisions : "nous avons ouvert les discussions avec les partenaires sociaux...et ils sont d'accords".

Pourtant, nous savons tous que la CCPM ne valide aucune décision. Les décisions concernant la Profession n'y sont que simplement présentées. Parfois même, le Gouvernement ne prend même pas la peine de présenter ses Décrets et Circulaires à la CCPM, tant elle ne sert à rien. Par exemple, le Décret du 24 avril 2017 sur la réforme du cadre d'emploi de la catégorie C. Après tout, le fumeux PPCR finissant de détruire la pyramide hiérarchique, avait déjà été approuvé par la majorité des fédérations généralistes (CFDT, FAFPT, UNSA, FSU et CFTC).

C'est pour cela que le SDPM, milite pour des élections démocratiques professionnelles, au sein de la Police Municipale.

Comment se fait-il qu'une Commission de la Police Municipale ne soit pas fondée sur des élections professionnelles internes à la Police Municipale ?

Le SDPM sait ce qu'il représente et n'a pas peur du vote démocratique.

Par contre, nous pouvons comprendre que nombre de ces représentants des fédérations généralistes soient farouchement contre un tel vote : il y a fort à parier, qu'il y aurait une vague de dégagisme de nombre d'entre-eux, au profit des vrais syndicats professionnels.

Une instance démocratique, permettrait sans nul doute, un discours et des débats francs, clairs et non des discours entendus où la profession serait bradée avec la complaisance et/ou la soumission de certains de ses membres siégeant. 

En attendant, le SDPM ne restera pas les bras croisés

face à une cette fumisterie !

Nous allons reprendre nos consultations auprès des Politiques de premiers plans qui nous soutiennent afin que les questions soient ardemment posées, et reposées sans cesse, au sein des Hémicycles du Parlement !

Et si l'on n'avance pas, ce sont les boyaux des Policiers Municipaux qui se crisperont et nos employeurs devront faire face à des épidémies sans précédent de gastro-entérites. 

 

Le Bureau National

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