Interview Président SDPM, agence AISG "Les maires sont les réels responsables du refus de nous armer"

Publié le 5 Juin 2010

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http://images.imagehotel.net/kmihlavx6g.jpgCédric Michel, secrétaire général du SDPM D.R.

Dépêche n°535
Paris, Lundi 31 mai 2010, 15:10:49

Crée en février 2010 des suites de la scission de l'USPPM (union syndicale des policiers municipaux), le SDPM (syndicat de défense des policiers municipaux) ne soutient pas l'action de l'intersyndicale des policiers municipaux rassemblant la CGT, la CFDT, FO, l'Unsa FA-FPT (Fédération autonome de la fonction publique territoriale) et le SNPM-CFTC). Il ne participera donc pas aux manifestations prévues le 1er juin (AISG n°406). « Nous ne sommes pas d'accord avec l'intersyndicale qui souhaite, si leurs revendications sont approuvées, signer un protocole dont nous ne connaissons pas le contenu », indique à AISG Cédric Michel, son secrétaire général. Le SDPM souhaite « rendre l'armement obligatoire pour les policiers municipaux », et demande « la création d'une école nationale de police municipale » ou encore « la revalorisation des grilles indiciaires ».

AISG : Brice Hortefeux vient d'annoncer l'autorisation pour les policiers municipaux d'utiliser à nouveau les pistolets à impulsion électrique,Taser (AISG n°517). Qu'en pensez-vous ?

Cédric Michel : L'annonce relative au Taser vise à rassurer les maires. Nous souhaitons rendre l'armement des policiers municipaux obligatoire. Patrick Balkany souhaite proposer une loi sur la généralisation du port d'arme des policiers municipaux. Je pense que cela va peser sur le gouvernement. D'autres, comme Rama Yade, secrétaire d'État chargée des Sports ont aussi exprimé le besoin essentiel de policiers armés. Il faut un réel débat à ce sujet. Nous serons d'ailleurs reçus par Alain Marleix, le secrétaire d'État à l'Intérieur, dans quelques semaines.

AISG : Votre syndicat est né de la scission de l'USPPM (union syndicale des policiers municipaux). Pouvez-vous nous expliquer la raison de votre départ de l'union syndicale ?

Cédric Michel : Après la manifestation nationale des policiers municipaux du 4 février dernier, l'USPPM a souhaité se rapprocher des organisations généralistes composant notamment l'intersyndicale. Nous étions contre ce rapprochement donc nous avons donc décidé de partir pour créer le syndicat de défense des policiers municipaux. Nous avons aujourd'hui 80 % des anciens cadres de l'USPPM et à très court terme nous devrions récupérer près de 800 syndiqués.

AISG : Jusqu'au 4 février, vous participiez aux manifestations avec l'intersyndicale. Pourquoi avoir décidé de ne plus suivre le mouvement ?

Cédric Michel : Nous ne sommes pas d'accord avec l'intersyndicale CGT, CFDT, FO, Unsa FA-FPT (Fédération autonome de la fonction publique territoriale) et SNPM-CFTC qui souhaite, si ses revendications sont approuvées, signer un protocole dont nous ne connaissons pas le contenu. Or, leurs revendications s'apparentent à des « miettes de pain ». L'intersyndicale ne réclame pas, notamment, l'armement obligatoire. En outre, l'intersyndicale est composée de syndicats généralistes qui ont abandonné les revendications concernant les retraites. Nous, nous souhaitons la bonification d'une annuité tous les cinq ans et donc la retraite à 55 ans, ou du moins un départ anticipé par rapport au reste de la fonction publique.

AISG : Vous ne manifesterez donc pas le 1er juin ?

Cédric Michel : Non. Les policiers municipaux avaient soutenu les manifestations du 4 février, menés par des syndicats professionnels dont nous faisions partie pour de réelles revendications. Mais aujourd'hui à force de multiplier les grèves, le mouvement s'essouffle. Et les policiers municipaux ne font plus confiance à l'intersyndicale, qui tente par ailleurs de faire de la récupération avec le décès tragique d'Aurélie Fouquet (policière municipale tuée sur le terrain le 20 mai dernier).

Nous ne manifestons plus ou nous ne faisons plus la grève des timbres amendes en raison des revendications de l'intersyndicale. Nous préférons mettre une pression sur les pouvoirs publics. À chaque fois que nous constatons une pratique illégale de la part des maires, nous saisissons les tribunaux administratifs. Néanmoins dans l'avenir, nous voulons réunir les policiers municipaux sous l'égide de syndicats professionnels comme en février dernier, pour manifester pour de vraies revendications.

AISG : Quelles sont vos autres revendications ?

Cédric Michel : Au niveau social, nous demandons la revalorisation générale des grilles indiciaires, par application d'une majoration de chaque échelon. Nous souhaitons que la catégorie C bascule en catégorie B. Nous sommes contre la suppression du seuil de recrutement des directeurs de police municipale (qui est de 40 agents), car nous estimons qu'il faut un seuil pour créer de tels emplois.

Nous défendons la professionnalisation du métier de policier municipal avec la création d'une véritable école de police municipale, garante de notre crédibilité et de notre reconnaissance. Nous demandons la simplification de procédure des agréments, par un agrément unique national délivré par les procureurs de la république [aujourd'hui les policiers sont nommés par le maire, agréés par le représentants de l'État dans le département et le procureur de la République puis assermentés]. Nous voulons aussi que l'ISF (indemnité spécifique de fonction) soit obligatoire et intégrée dans le calcul de nos retraites.

Il faut aussi une uniformisation des moyens car certaines communes sont mieux équipées que d'autres. Aujourd'hui les policiers municipaux font quasiment le même travail que les gardiens de la paix. En fait, nos prérogatives n'ont pas réellement évolué. Ce qui change, c'est l'exigence des maires et l'orientation qu'ils donnent à nos missions. C'est d'ailleurs une erreur de s'attaquer uniquement au gouvernement. Il faut s'attaquer aux maires, qui selon nous sont les réels responsables du refus de nous armer, ou de faire progresser notre statut social. Il faut que dans cette professionnalisation, le gouvernement nous épaule, nous soutienne et fasse pression sur les maires, notamment par la voie démocratique et le débat parlementaire.

AISG : Que pensez vous du projet de Loppsi qui prévoit la qualification d'APJ (agent de police judIciaire) pour les directeurs de police municipale (AISG n°53) ?

Cédric Michel : Je suis favorable au développement des polices municipales, passant par des qualités judiciaires renforcées pour leur responsable. Cela développera l'autonomie des polices municipales vis-à-vis des forces de police d'État, mais aussi du pouvoir politique et une reconnaissance vis-à-vis de l'institution judiciaire. Tout ceci doit être mis en place, mais au moyen, je le répète de la création d'une école nationale de police municipale.

* Contact : SDPM, Cédric Michel, Secrétaire général, 05 56 88 68 93, sdpm@sfr.fr

 

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