La kalachnikov arrive partout dans les grandes villes

Publié le 12 Décembre 2013

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Alain Bauer, professeur de criminologie au Conservatoire national des arts et métiers, à New-York et Pékin.

Publié le 11/12/2013 à 03:52, Mis à jour le 11/12/2013 à 07:37

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Comment expliquer la circulation d’armes type Kalachnikov dans les cités toulousaines ?

Toulouse est une grande ville et n’est pas épargnée par les trafics de stupéfiants. Aujourd’hui, l’arme qui accompagne et protège ce type de trafic est la Kalachnikov. C’est une arme qui s’est démocratisée après les pillages des arsenaux albanais et les émeutes de 1997. Plusieurs centaines de milliers d’armes de ce type et de répliques, notamment chinoises, se sont retrouvées dans la nature. À la fin des années quatre-vingt-dix, elles sont entre les mains du crime organisé et des receleurs. La profusion de ces armes sur le marché a fait chuter les prix. La demande a augmenté considérablement et leur utilisateur aussi. Ces armes de guerre se sont donc retrouvées entre les mains des criminels de moindre envergure pour protéger les trafics de stupéfiants.

 

À quels prix et comment les délinquants se les procurent ?

Aujourd’hui, une Kalachnikov peut se monnayer entre 1 500 et 3 000€ selon la provenance et la qualité. Ce qui s’est passé avec les arsenaux albanais, au milieu des années quatre-vingt-dix, s’est également produit avec les arsenaux libyens récemment. Une seconde vague d’armes de guerre disponible sur le marché parallèle va alimenter le trafic. Ces armes peuvent être convoyées par camions, dissimulées sous des stocks de melons ou dans de faux réservoirs. La Kalachnikov arrive partout dans les grandes villes et passe aisément les frontières depuis l’Europe de l’Est. Les délinquants peuvent se la procurer via un réseau de trafic de stups ou par le biais de ces filières d’acheminement.

 

Pourquoi la Kalachnikov est devenue l’arme des règlements de comptes ?

La Kalachnikov c’est un peu la «4L» de l’arme à feu. Peu chère, disponible, facile à entretenir et elle nécessite peu de soins. Elle est à la portée de tout le monde. C’est une arme résistante, increvable qui ne s’enraye quasiment jamais. Son seul défaut, c’est qu’elle ne tire pas droit.


 

Recueilli par Frédéric Abéla

 

[www.ladepeche.fr]

 

Rédigé par SDPM

Publié dans #politique et sécurité

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