La méthode Guéant pour prévenir la délinquance

Publié le 14 Mai 2011

6a0120a564318f970b0120a78d4e40970b-800wi

Mots clés : , , , , ,

Par Christophe Cornevin

13/05/2011 | Mise à jour : 21:34

 

Le ministre veut généraliser les «cellules de citoyenneté et de tranquillité publique». 

http://www.lefigaro.fr/medias/2011/05/13/80c5e9ca-7d96-11e0-bfbe-447629e42126.jpgClaude Guéant, vendredi, en visite à Cavaillon où il a l'intention de créer un observatoire local de la délinquance. Crédits photo : PHILIPPE LAURENSON/REUTERS

 

Être sans cesse plus proche du terrain, prendre le pouls de la délinquance au cœur des quartiers, guetter les signaux les plus infimes de l'incivilité pour mieux les anticiper… Soucieux d'insuffler une «politique de sécurité plus adaptée et efficace s'appuyant sur une connaissance précise et actualisée des réalités», Claude Guéant s'est déplacé vendredi en Provence pour prôner une véritable politique de prévention. Et marteler que la paix sociale n'est pas uniquement l'affaire de l'État, mais bien celle de tous.


Accompagné du secrétaire d'État aux Transports, Thierry Mariani, le ministre de l'Intérieur est arrivé vendredi matin à Châteaurenard (Bouches-du-Rhône). Située à quelques kilomètres d'Avignon, la ville du député maire (UMP) Bernard Reynès est un «véritable laboratoire» depuis la mise en place d'une Cellule de citoyenneté et de tranquillité publique (CCTP). Regroupés autour de l'édile, devenu le «pivot de l'action locale en matière de prévention», un référent du parquet, un policier, un gendarme, une assistance sociale ou encore un chef d'établissement scolaire passent au crible les incidents concrets portés à leur connaissance et évoquent les «cas individuels problématiques». «Ces capteurs de signaux précoces détectent les comportements déviants et désamorcent les difficultés avant qu'elles ne dégénèrent», se félicite l'entourage du ministre de l'Intérieur. À Châteaurenard, les troubles à l'ordre public et les actes de vandalisme font l'objet d'un rapport circonstancié au maire. Toutes les six semaines, ce dernier, qui se défend de jouer les «shérifs », convoque les auteurs identifiés devant la «cellule citoyenne». Des rappels à l'ordre sont parfois accompagnés d'amendes pouvant attendre 1330 euros ou 30 heures de travaux publics non rémunérés. «C'est la traduction des grandes théories américaines sur la vitre brisée, à savoir qu'il faut tout de suite une réponse à un dysfonctionnement qui se manifeste», s'est félicité Claude Guéant, précisant que la délinquance a «baissé de 40 % en six ou sept ans» dans cette commune de 13000 âmes. La présence de 107 caméras de vidéoprotection n'est pas non plus étrangère à ce résultat. Pour la seule année 2010, les crimes et délits ont encore marqué un spectaculaire repli de 27,3 %, alors que le taux de chômage demeure supérieur de 5 % à la moyenne nationale.


Une cinquantaine de communes des Bouches-du-Rhône, du Var et du Vaucluse ont décidé d'adopter la même recette. Avant de rentrer à Paris, Claude Guéant s'est attardé à Cavaillon (Vaucluse) pour créer un observatoire local de la délinquance. Là encore, toujours dans l'esprit de Châteaurenard, il vise à «partager les données et signalements recueillis jusqu'alors de manière disparate par les forces de sécurité, agents municipaux, magistrats ou encore acteurs sociaux». «Ce type d'initiative doit être généralisé à d'autres points du territoire», a insisté Claude Guéant qui plaide en faveur d'une prise en charge toujours plus fine de la délinquance afin de recréer «un climat, une ambiance de sécurité». Celle-ci trouve d'ailleurs une traduction opérationnelle via le déploiement, depuis avril, des nouveaux patrouilleurs de quartiers.

 

source : www.lefigaro.fr

Rédigé par SDPM

Publié dans #politique et sécurité

Repost 0