Sevran : Manuel Valls promet le retour des CRS

Publié le 13 Avril 2013

Le ministre de l’Intérieur a improvisé une visite à Sevran, hier, après avoir entendu «l’appel au secours» des habitants des Beaudottes.

 

Hier soir aux Beaudottes, on guettait… les fourgons de CRS. « Pour l’instant, je ne les vois pas » s’inquiète un habitant des Marguerites, vers 18 heures. Il s’apprête à rejoindre le hall de la résidence où, chaque soir depuis une semaine, propriétaires et locataires occupent leur hall, pour résister au squat engendré par le trafic de drogue.


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Sevran, hier. Après une visite au commissariat, Manuel Valls (avec, à sa gauche, le préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert) s’est rendu à pied à l’hôtel de ville où l’attendait le maire (EELV), Stéphane Gatignon (photo ci-contre).

 

Jamais les CRS n’auront été tant désirés qu’à Sevran. Hier midi, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, « touché par l’appel au secours de ces habitants », a annoncé le retour de ces forces de l’ordre « même si ça ne peut pas être la solution à terme ».


La visite a été improvisée le matin même par Manuel Valls, qui l’a annoncé en direct à la radio. Une première depuis sa nomination place Beauvau, il y a dix mois. A midi, il était au commissariat de la ville, avant de rejoindre, à pied, la mairie, une centaine de mètres plus loin, où l’attendaient le maire (EELV) Stéphane Gatignon, le président (PS) du conseil général, Stéphane Troussel (PS), le député (FG) François Asensi et quelques habitants.


« On va remettre les CRS », a dit le ministre à la sortie, avant d’être interpellé par un père de famille de 31 ans : « Il y a plus de policiers à Sevran que devant l’Elysée alors qu’on a besoin d’emplois. » « Sans ordre, pas de démocratie, ni de travail », a rétorqué Valls.


Sur le terrain dès hier soir ?

L’histoire se répète et les faits sont têtus. En 2011, les balles sifflaient au point qu’à l’école Montaigne, dans le quartier Montceleux, les enfants ne sortaient plus dans la cour à la récréation. Stéphane Gatignon avait réclamé des casques bleus. Claude Guéant avait envoyé des CRS, 24 heures sur 24. Ils ont fait taire les balles, mais pas le trafic, qui s’est déporté et est revenu de plus belle. En janvier, la mort d’Ahmed*, 20 ans, tué au kalachnikov aux Beaudottes, a de nouveau endeuillé la commune.


« Au moins, avec les CRS, on était tranquilles. Ils les ont enlevés juste avant les élections (NDLR : la présidentielle), c’était pour qu’on vote… » lâche une habitante de l’allée Lapérouse, aux Beaudottes, où Manuel Valls s’est aussi rendu. Ceux qui avaient eu les pneus crevés après avoir chassé les dealeurs du hall, mardi, ont retrouvé le sourire.


Les premières réserves s’expriment dans les rangs de la police. « Comment faire avec 47 unités de force mobiles en France et 62 zones de sécurité prioritaires? » questionne Christophe Ragondet, du syndicat de police Alliance 93. Il craint, cette fois encore, que les fonctionnaires locaux soient obligés de relever les CRS une partie du temps.


Les habitants, eux, sont juste pressés de revivre « normalement ». Le maire, qui a reçu une poignée d’entre eux hier (rendez-vous avait été pris mercredi) a appelé le préfet pour s’assurer que les CRS arriveraient bien dans la soirée.


* Un tournoi de foot interquartiers est organisé aujourd’hui en sa mémoire de 9 heures à 16 heures au stade Gaston-Bussière, rue Gabriel-Péri.

 

[www.leparisien.fr]

 

Rédigé par SDPM

Publié dans #politique et sécurité

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