Journal la Marseillaise : le syndicat des policiers municipaux répond au maire

Publié le 17 Avril 2015

Journal la Marseillaise : le syndicat des policiers municipaux répond au maire

La Ciotat : le syndicat des policiers municipaux répond au maire

Patrick Boré, ici lors d’une visite du nouveau poste de police municipale à l’hôtel de ville. Il se refuse d’armer les agents comme il l’a rappelé lundi en séance du conseil municipal. www.lamarseillaise.fr

Patrick Boré, ici lors d’une visite du nouveau poste de police municipale à l’hôtel de ville. Il se refuse d’armer les agents comme il l’a rappelé lundi en séance du conseil municipal. www.lamarseillaise.fr

A la Ciotat, le Syndicat de défense des policiers municipaux dégaine ses arguments pour l’armement des fonctionnaires.

Le Syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM) n’a pas du tout apprécié la sortie de Patrick Boré (UMP), lors du dernier conseil municipal, qui s’est déclaré une nouvelle fois opposé à l’armement de la police municipale (PM). Et d’en reprendre les termes : « Quand on a un flingue et qu’on le sort, il faut tirer sinon on est mort ! » (…) Et ce n’est ni le rôle, ni la formation suivie par les agents municipaux (…) la police municipale n’est pas destinée à suppléer la carence de l’Etat ! »

Des « allégations » auxquelles le syndicat a souhaité réagir.

« Outrance et démagogie »

« Cette position qui relève de l’outrance et de la démagogie est totalement éloignée de la réalité des fonctions et du quotidien des agents de police municipale », estime le syndicat qui milite pour l’armement des polices municipales en France.

« Les policiers municipaux, qui sont autorisés au port d’arme de poing, sont formés et soumis à un contrôle continu tout au long de leur carrière ; ils sont parfaitement encadrés par des moniteurs au maniement des armes, issus des écoles de la gendarmerie et de la police nationale », rappelle le SDPM. De plus, « contrairement à ce qu’affirme Mr Patrick Boré, le maire est le premier responsable du bon ordre, de la sûreté, de la sécurité et la salubrité publique dans sa commune. Ses pouvoirs de police découlent du fait qu’il est le représentant de l’Etat dans la commune ».

« Chaque jour des policiers municipaux sont confrontés à des individus armés, partout en France, poursuit le syndicat. Tous les policiers municipaux qui ont été blessés et tués à ce jour, l’on tous été dans le cadre de leurs missions traditionnelles, sans rechercher spécifiquement de situations dangereuses. Aujourd’hui, la délinquance n’épargne aucun territoire et chaque mission est potentiellement délicate. » Et de conclure : « Aujourd’hui, ne pas armer un policier municipal relève de l’inconscience. Les élus seront confrontés à leurs responsabilités morales et politiques le cas échéant et le syndicat y sera attentif. »

La question de l’armement de la police municipale a été relancée lors du dernier conseil municipal par les élus Front national. Aux dernières municipales, le FN avait fait du renforcement, de l’armement de la PM, en promettant de les faire travailler 24h/24 et 7 jours sur 7, un axe de campagne national décliné par chaque candidat.

« La police municipale n’a pas vocation à se substituer à la police nationale », répète depuis des années le premier magistrat de la ville tout en dénonçant la baisse drastique des effectifs de la Nationale.

« Un transfert de charge »

Pour autant, lors de l’inauguration en grandes pompes du commissariat en 2011, sous Nicolas Sarkozy, donc, aucune augmentation des effectifs n’était prévue, conformément à sa « politique de réduction des effectifs de la fonction publique », comme l’a rappelé le Front de gauche lors du débat.

Renforcer la police municipale tiendra, selon le maire, à accepter un « transfert de charge » de l’Etat, qui se désengage d’une de ses principales missions régaliennes, vers les communes. Un transfert qui ne manque pas de renforcer les inégalités entre citoyens, d’une ville à l’autre, selon les capacités financières respectives.

S.F.

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