Taubira : la marseillaise, un "karaoké d'estrade ?"

Publié le 12 Mai 2014

Reuters France

Christiane TAUBIRA, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux.

Christiane TAUBIRA, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux.

FAVERGES Haute-Savoie (Reuters) - Manuel Valls a jugé absurde lundi la nouvelle polémique dont est la cible la ministre de la Justice, Christiane Taubira, à qui la droite reproche de n'avoir pas chanté la "Marseillaise" lors d'une commémoration de l'abolition de l'esclavage à Paris.

"Le pays crève de ces polémiques absurdes qui détournent nos compatriotes de l'essentiel", a déclaré le Premier ministre en marge de la visite d'une entreprise en Haute-Savoie, ajoutant ne pas avoir "une minute à perdre" sur ce sujet.

Le ministre de l'Education nationale, Benoît Hamon, avait auparavant dénoncé un "mauvais procès".

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, a accusé la ministre de la Justice, originaire de Guyane, d'avoir eu une attitude "intenable sur le fond comme sur la forme".

"Il y a un moment où il faut que chacun assume ses responsabilités : elle est ministre de la République, il y a des choses qu'on ne peut pas dire, qu'on n'a pas le droit de dire", a-t-il déclaré sur Europe 1.

Le Front national, par la voix de son vice-président Florian Philippot, a pour sa part demandé la démission de la ministre, objet de polémiques récurrentes depuis sa nomination à la Chancellerie en 2012.

Christiane Taubira n'a pas chanté samedi l'hymne national lors d'une cérémonie commémorant l'abolition de l'esclavage, en présence notamment de Manuel Valls, de la ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin, et de la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui ont, eux, entonné la Marseillaise.

Un élu UMP de la capitale, qui a assisté à la cérémonie, a le premier réclamé la démission de la ministre sur Twitter. Puis le FN a réclamé son limogeage.

Christiane Taubira s'est justifiée dimanche sur son compte Facebook en soulignant que "certaines circonstances appellent davantage au recueillement qu'au karaoké d'estrade".

"Quand, à la note exacte, au-dessus de l'orchestre, la voix de la soliste se détache, j'écoute. Et j'écoute jusqu'au bout", a-t-elle écrit.

"CHOQUANT"

Ces explications ont accentué les critiques.

"Ça pourrait être considéré comme une boulette de plus de Mme Taubira mais ce qui est profondément choquant c'est qu'elle ait pu qualifier le fait de ne pas chanter l'hymne national en parlant de 'karaoké d'estrade'", a ainsi dit Jean-François Copé.

"Je suis, je pense comme des millions de Français, profondément choqué qu'elle ait pu utiliser ce type de formule", a-t-il poursuivi, sans aller jusqu'à réclamer la démission de la ministre de la Justice.

"Il paraît que M. Hollande a maintenant de l'autorité, qu'il est doté d'un Premier ministre qui est très très ferme, nous verrons ce qu'il en est", a-t-il néanmoins ajouté.

Pour Florian Philippot, "Mme Taubira devrait partir ou être démise" - "Que M. Hollande prenne ses responsabilités" face à un comportement "honteux", a-t-il déclaré.

Benoît Hamon, a pris la défense de la garde des Sceaux.

"Pas de mauvais procès à Christiane Taubira, pas de mauvais procès à ceux qui gardent le silence quand on chante la Marseillaise, parce que c'est aussi un moment de recueillement, ce n'est pas qu'un moment d'exaltation", a plaidé le ministre de l'Education sur RMC Info et BFM TV.

Christiane Taubira, a-t-il ajouté, "est devenue l'objet de toutes les polémiques injustes et elle a eu raison de réagir".

(Catherine Lagrange, avec Sophie Louet à Paris, édité par Emmanuel Jarry)

Rédigé par SDPM

Publié dans #politique

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