Le SDPM dans Ouest-France : Dysfonctionnements, direction contestée, « pression » : que se passe-t-il à la police municipale des Sables-d’Olonne ?
Publié le 4 Février 2026
/image%2F0974611%2F20260204%2Fob_af57d2_ob-b9cd7c-640px-ouest-france-logo-svg.png)
Ambiance de travail dégradée, méthodes de management contestées et interrogations sur le cadre légal de la direction : la police municipale des Sables-d’Olonne (Vendée) traverse une période de tensions. Saisi par « une majorité d’agents », le Syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM) a engagé plusieurs démarches et n’exclut pas une saisine de la justice.
Huguo PIGEON
Publié le 04/02/2026 à 07h40
/image%2F0974611%2F20260204%2Fob_b2fe4a_image-ouest-france.jpg)
Ambiance délétère, pression, propos inadaptés : la tension est palpable au sein de la police municipale des Sables-d’Olonne. Saisi par une majorité d’agents, le Syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM) a engagé une procédure face à de possibles dysfonctionnements internes.
Selon des documents officiels que Ouest-France a pu consulter, il est fait état de plusieurs difficultés sur les temps de travail et le fonctionnement du service. Des signalements ont été effectués auprès des syndicats avant d’être remontés au comité social territorial (CST), l’instance réunissant les représentants du personnel et de la collectivité.
/image%2F0974611%2F20260204%2Fob_14cbc1_sables2.jpg)
Des méthodes de management « inadéquates »
Les plaignants imputent cette situation à une politique managériale inadéquate et dénoncent les méthodes employées par Joffrey Bauduin, le directeur de la sécurité, de la prévention et de la tranquillité publique.
Du côté de la Ville, le maire n’élude pas les problématiques du service. On est sur une optimisation, en cours, du temps de travail de nos agents qui est nécessaire, pose le maire Nicolas Chénéchaud. J’ai fait des réunions avec les policiers qui m’ont fait part de leurs désaccords. Je ne laisserai aucune place concrète au moindre cas de mal-être au travail. S’il y a des sanctions à prendre, je n’aurai aucun problème à le faire.
Un statut de directeur qui interroge
En outre, des interrogations portent sur les fonctions occupées par Joffrey Bauduin. Le SDPM affirme que celui-ci aurait exercé des missions de direction opérationnelle alors que son statut ne lui en conférerait pas le droit.
« La majorité des polices municipales sont dirigées par un directeur de police municipale statutaire, c’est un cadre d’emploi qui est protégé, explique Cédric Michel, président national du SDPM. C’est le seul qui est habilité à diriger les policiers sur le plan opérationnel. »
« Monsieur Bauduin a été recruté pour être un directeur stratégique et aucunement opérationnel, affirme le maire. L’élu assure que son responsable de la police municipale peut planifier, prévoir mais pas forcément agir sur le terrain, en étant par exemple dans les patrouilles ».
« Une saisine probable de la justice »
Le SDPM a toutefois adressé un courrier au maire, le 10 décembre 2025, afin qu’il lui fournisse les documents administratifs pour étudier la légalité des fonctions de Joffrey Bauduin. Il n’a pas répondu alors qu’il disposait d’un délai légal d’un mois , déplore Cédric Michel qui a décidé de saisir la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada).
Le courrier est arrivé le 15 décembre avec douze points soulevés auxquels nous allons répondre, confirme Nicolas Chénéchaud qui indique que des documents doivent être encore collectés.
« Le SDPM étudiera le dossier et annonce une saisine très probable de la justice. Soit au tribunal administratif, comme nous l’avons fait pour Nice (1) soit au pénal pour immixtion dans une fonction sans titre et usurpation de fonction », précise son président.
Enfin, il s’interroge sur les conditions de recrutement du responsable de la police municipale, en mars 2024, alors que son père était adjoint au maire en charge de la sécurité jusqu’en décembre 2023. Une situation qui pourrait soulever, selon le SDPM, des questions de favoritisme ou de conflits d’intérêts.
Une ouverture de poste a suscité différents candidats et deux ont été retenus. Michel Bauduin s’est immédiatement mis en retrait de toute fonction et a démissionné trois mois avant l’arrivée de son fils. Il n’a participé à aucun entretien donc il n’y a aucune ambiguïté, conclut Nicolas Chénéchaud.
(1) Le SDPM s’appuie sur la jurisprudence et un arrêt de la cour administrative d’appel de Marseille, en 2017, qui a confirmé le jugement rendu par le tribunal administratif de Nice en 2015. La juridiction avait annulé le contrat du directeur de la sécurité et de la protection car celui-ci avait exercé des missions opérationnelles alors que son statut ne lui en conférait pas le droit. La mairie de Nice avait été condamnée, à la demande du Syndicat SDPM.
/image%2F0974611%2F20140321%2Fob_cfe7c1_n-logo-sdpm-blanc.jpg)