Le Figaro : Réaction du SDPM à la publication du Décret sur l'armement en 9mm

Publié le 1 Décembre 2016

Le Figaro : Réaction du SDPM à la publication du Décret sur l'armement en 9mm

Pistolets 9 mm dans la police municipale : syndicat et élus réagissent

Le Figaro : Réaction du SDPM à la publication du Décret sur l'armement en 9mm

Un décret entré en vigueur mercredi permet aux maires de doter leurs policiers municipaux de ces armes semi-automatiques.

François Bayrou (MoDem) à Pau, Gérard Collomb (PS) à Lyon ou Arnaud Robinet (LR) à Reims. Plusieurs maires de France ont décidé ces derniers mois d'équiper leur police municipale d'armes à feu. Depuis les attentats de Charlie Hebdo, en 2015, l'État a mis à disposition des communes près de 4000 revolvers. Un nouveau décret, entré en vigueur mercredi, prévoit notamment la possibilité pour les maires de doter leurs agents de pistolets 9 mm semi-automatiques. Comment politiques et syndicats accueillent-ils cette mesure? Réactions.

Pas suffisant pour les syndicats

Du côté des syndicats de police municipale, la nouvelle mesure du décret sur les pistolets 9 mm a d'abord été bien reçue. «C'est une avancée partielle. Cela permet une évolution sur le type d'arme. Les agents pourront avoir une puissance de feu plus importante qu'auparavant», concède Cédric Michel, président du syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM). «On passe de six à quinze cartouches. Les policiers pourront effectuer une meilleure riposte et beaucoup plus longue en cas de tir. »

Néanmoins tous continuent de réclamer un armement généralisé des policiers municipaux. Car d'après l'article L412-51 du code des communes, c'est au maire de choisir l'armement de ses agents, «lorsque la nature de leurs interventions et les circonstances le justifient.» Et pour Bernard Cazeneuve, pas question d'en changer. «C'est aux maires et à eux seuls qu'il revient d'apprécier la nécessité d'armer les agents de leur service de police municipale», a-t-il réaffirmé mardi. Malgré une nette montée en puissance, on estimait, en septembre, que seulement 40 à 45% des municipaux étaient équipés d'armes à feu.

Dans les 50 villes les plus peuplées de France, ce chiffre s'élevait à 54%. « Laisser aux maires la possibilité de s'armer, c'est leur laisser la liberté d'être irresponsables», estime Cédric Michel. Le président du SDPM est «favorable à ce que l'on donne des fusils à pompe aux municipaux. C'est la seule arme avec la chevrotine qui permet d'arrêter un véhicule en mouvement ».

Maires et adjoints partagés

La mairie de Perpignan avait anticipé la parution de ce décret en votant début novembre une demande de subvention pour équiper ses 141 policiers municipaux de pistolets semi-automatiques. Coût de l'opération: environ 115.000 euros pour près de 130 pistolets. «Je considère que la police municipale exerce une fonction aussi dangereuse que la nationale et est exposée aux mêmes risques. Le préfet nous impose fréquemment de sécuriser des lieux avec des armes qui ont 50 ans, à six coups», souligne le maire Jean-Marc Pujol (LR). «Je suis pour un armement généralisé, et pour les armes d'épaules. Avec des pistolets-mitrailleurs, on peut arrêter les malfaiteurs.»

Les policiers municipaux d'Asnières-sur-Seine (Ile-de-France) sont eux déjà équipés de pistolets semi-automatiques mais dans un calibre plus réduit: le 7,65 mm. «Nous allons en acheter 30 nouveaux cette année puis recalibrer les autres», indique le maire Manuel Aeschlimann (LR). «Ces évolutions vont dans le bon sens. C'est indispensable puisqu'on observe un désengagement de l'État et des polices nationales au niveau des communes. Si au moins, on a les moyens de nos ambitieux, c'est tant mieux», constate-t-il.

D'autres élus apparaissent plus réticents face à ce décret. «C'est à la police nationale d'avoir une mission d'ordre public. L'armement en soi des policiers municipaux n'est pas légitime», rappelle Slimane Rabahallah, adjoint à la sécurité à Saint-Denis. «Il ne faut pas entrer dans la psychose des derniers événements. On observe un vrai glissement des missions des polices municipales et nationales. On ne fait plus la différence entre les deux», ajoute-t-il. «La priorité c'est le renforcement des effectifs, de la formation, des équipements», confie-t-on à la ville de Montreuil. À Nantes, la police municipale n'a pas d'armes à feu. Et ce nouveau décret ne va pas changer la donne, communique-t-on en mairie.

D'après lefigaro.fr

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