Courrier Picard : Le SDPM demande des armes à AMIENS (80)

Publié le 12 Août 2016

AMIENS La police municipale réclame des armes

Face à la menace terroriste, la question de l’armement des policiers municipaux se pose à nouveau. À Amiens, les syndicats réclament le port d’arme mais le maire refuse.

En mairie d’Amiens, l’armement de la police municipale ne semble pas du tout d’actualité.

En mairie d’Amiens, l’armement de la police municipale ne semble pas du tout d’actualité.

En France, seuls 45% des policiers municipaux portent une arme. Une situation que les syndicats de police municipale dénoncent tout particulièrement dans un contexte de risque terroriste important. À Amiens, l’armement des policiers municipaux fait débat depuis de longs mois et malgré les demandes répétées des syndicats, le maire Brigitte Fouré s’y oppose. Estimant que les missions des policiers municipaux ne nécessitent pas d’arme, contrairement aux policiers nationaux qui n’ont pas les mêmes prérogatives.

Surveillance des lieux de culte et du COS après un vol à main armée

À la CGT, Bruno Sacleux se dit également favorable à l’armement et ne comprend pas trop la position de la collectivité. «  Le problème à Amiens, c’est que Madame le maire est contre l’armement, à l’inverse d’Alain Gest qui, lui, défend l’armement à l’Assemblée Nationale (lire ci-dessous) ». Il évoque aussi une récente rencontre avec le président d’Amiens Métropole, Alain Gest, «  qui nous expliquait que la question de l’armement à Amiens dépendait de Brigitte Fouré, mais que s’il fallait revoir les missions de la police municipale, ce serait lui. En attendant, aujourd’hui, les policiers municipaux se retrouvent à surveiller les abords des lieux de culte  ».

Le syndicaliste émet toutefois quelques réserves. «  On veut bien de l’armement, mais il faudra aussi songer à des compensations. Il y a tout un volet social à prendre en compte. C’est bien beau de nous donner de nouvelles compétences, il faut aussi penser à la carrière des agents  ». Tout en évoquant une autre problématique  : «  Avant l’armement, il faut aussi songer à nos effectifs qui, à ce jour, ne sont pas complets  ».

Le plus remonté sur le sujet est très certainement Vincent Dupuis du SDPM (syndicat de la police municipale) qui ne comprend pas que «  Brigitte Fouré campe sur sa position sur le non- armement alors qu’elle nous confie de plus en plus de missions avec la surveillance des lieux de culte ou la surveillance du comité des œuvres sociales suite à un vol à main armée  ». Il explique aussi que les policiers municipaux font très souvent des interventions avant même l’arrivée des policiers nationaux avec tous les risques que cela peut représenter.

En avril dernier, son syndicat a rencontré le maire pour évoquer le sujet. «  Elle a dit qu’elle ne changerait pas d’avis. C’est un vrai dialogue de sourd  ». Avant que le syndicaliste ne lâche  : «  Ce n’est pas la peine de nous mettre sur la voie publique si on ne nous donne pas des moyens  ». À la rentrée de septembre, il promet déjà de relancer le débat et d’alerter à nouveau le maire sur les dangers existants.

PUBLIÉ LE PAR CHRISTOPHE BERGER

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Alain Gest favorable à l’armement

Il sera difficile aux syndicalistes de faire changer d’avis au maire d’Amiens sur l’armement à la police municipale. Seule Brigitte Fouré en effet, peut prendre cette décision. Pourtant, les policiers municipaux auraient pu trouver un allié en la personne d’Alain Gest qui en tant que député a signé, en janvier 2015, une proposition de loi visant à rendre obligatoire pour tout policier municipal le port d’une arme dans l’exercice de sa fonction.

Une proposition de loi qui dit que « les agents de police municipale, particulièrement exposés à divers risques, doivent être équipés d’arme ». À l’époque, on évoquait déjà des événements montrant que « les policiers municipaux sont de plus en plus exposés à la violence des criminels les plus dangereux, et qu’aujourd’hui il est grand temps d’ouvrir une réflexion approfondie sur la place, le rôle et le statut de la police municipale ».

Mais force est de constater que le débat a du mal à s’ouvrir en mairie d’Amiens.

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